C’est beaucoup. Mais plus inquiétant encore, plus de 95 % des ménages français seront toujours en droit de rester dans un logement HLM une fois qu’ils y sont entrés. Dans son projet de loi (encadré ci-dessous), Christine Boutin cite comme un progrès le cas des couples avec 2 enfants qui gagnent plus de 9.000 € nets par mois (hors allocations familiales) : ils devront désormais quitter leurs HLM parisiens… dans les 3 ans. Sachant que le plafond de rémunération des hauts fonctionnaires dits « hors échelle », est fixé à 6600 euros à Paris avec deux enfants à charge, quelle catégorie de bénéficiaires influents a pu faire fixer la limite à un tel niveau ?
Supprimer le droit au maintien dans les lieux pour les locataires qui dépassent de plus de deux fois les plafonds de ressource d’accès au HLM (exemple : un couple avec deux enfants qui gagne plus de 9.000 euros nets par mois à Paris verra son contrat de location limité à trois ans).
extrait de la "loi Boutin" sur le logement social
La comparaison entre le tableau 1 (répartition des revenus des ménages) et le tableau 2 (plafonds de ressources donnant droit au maintien dans un logement HLM) montre que ces plafonds sont anormalement élevés ce qui explique pourquoi trop de HLM sont occupés par des ménages qui n’ont rien à y faire. En 2007, 95% des ménages gagnent moins de 5.744 € par mois. Seuls les ménages d’1 personne risquent de devoir déménager, mais à condition de gagner plus de 3926 € par mois à Paris ou 3413 € en province, ce qui reste plus élevé que le plus haut salaire de la fonction publique soit 3560 € nets par mois pour un fonctionnaire sans enfants vivant à Paris (source : DGAFP). Pour tous les autres ménages, plus de 95% ont droit de rester dans leur HLM, sans doute à vie.
| En € | 2004 | 2007 |
|---|---|---|
| décile 1 | 956 | 1 062 |
| décile 2 | 1 201 | 1 333 |
| décile 3 | 1 465 | 1 626 |
| décile 4 | 1 745 | 1 937 |
| décile 5 | 2 050 | 2 275 |
| décile 6 | 2 385 | 2 648 |
| décile 7 | 2 764 | 3 068 |
| décile 8 | 3 280 | 3 640 |
| décile 9 | 4 130 | 4 584 |
| centile 95 | 5 175 | 5 744 |
| Source : chiffres INSEE 2004, calculés par l’iFRAP pour 2007 Lecture : en 2007, 95 % des ménages français ont des revenus inférieurs à 5.744 € nets par mois. | ||
| Nombre de personnes dans le ménage | Paris & communes limitrophes | Autres régions hors région parisienne | ||
| Pour obtenir un logement HLM | Pour rester dans son logement HLM | Pour obtenir un logement HLM | Pour rester dans son logement HLM | |
| 1 | 1 963 | 3 926 | 1 706 | 3 413 |
| 2 | 2 933 | 5 867 | 2 279 | 4 558 |
| 3 | 3 845 | 7 691 | 2 740 | 5 481 |
| 4 | 4 591 | 9 182 | 3 308 | 6 616 |
| 5 | 5 462 | 10 925 | 3 892 | 7 784 |
| 6 | 6 147 | 12 293 | 4 386 | 8 772 |
| Note : les catégories de ménages sont aménagées pour les personnes handicapées et les jeunes ménages. | ||||
Je partage l'avis de Pascal...
Mettons les loyers de ces logements aux prix du marché...
Les plus modestes des locataires seront aidés par les allocations logement délivrées en fonction des revenus et de la composition du foyer...
Ainsi, les plus modestes seraient logés avec une aide de la collectivité, mais les moins nécessiteux seraient logés aux prix du marché...
Tout rentrerait ainsi dans l'ordre... et C'EST VRAI que cela éviterait toutes les magouilles de "coupe-file d'attente", de passe-droit, etc... etc...
Daniel - 13/11/08 11:47
Je souhaite dire à personne qui écrit : "Même avec un bon salaire, impossible d'acheter un logement proche de l'endroit où l'on bénéficie d'un loyer modéré en centre ville !" que l'alternative n'a jamais été : rester dans son HLM ou acheter un appartement dans le même quartier !
De nombreuses personnes, surtout quand elles ont un bon salaire, se débrouillent pour trouver un appartement à louer, le choisissant au mieux de leurs affinités de quartier, de leurs contraintes de trajet et de leurs capacités financières. Tout le monde fait cela. Je ne vois pas pourquoi les bénéficiaires de HLM au-delà de la période de leur vie où la solidarité nationale a pu jouer en leur faveur, seraient devenus incapables de faire ce modeste effort que font tous leurs concitoyens.
Philippe François (iFRAP) - 13/10/08 21:12
Même avec un bon salaire, impossible d'acheter un logement proche de l'endroit où l'on bénéficie d'un loyer modéré en centre ville ! Alors comment faire quand l'attachement à un quartier, la proximité de son lieu de travail... Certainement perdre mon travail à 58ans, devenir allocataire et assisté pour que MmE Boutin ne me jette pas dehors de mon logement !
fabrice - 13/10/08 21:12
Il faut construire des châteaux de Versailles sociaux dans le XVIème pour les pauvres hauts fonctionnaires et ainsi libérer les hlm pour ceux qui en ont vraiment besoin. Quelle utopie n'est-ce pas ?
gogo - 03/10/08 19:40
Je ne comprends pas pourquoi Madame Boutin cherche à mettre des gens dehors, ce qui donnera inévitablement lieu à des procédures longues, coûteuses et donc inefficaces au regard des necessités actuelles alors que chacun sait que tout problème est soluble dans le pognon...
1- aligner sur le prix du marché tout locataire possédant une autre maison, a fortiori s'il s'agit d'une maison de campagne ou de vacances... par définition non rentable.
2- à partir d'un seuil bas à définir, aligner d'une manière progressive jusqu'à un seuil haut le loyer sur le prix du marché. Et justement, les seuils pourraient être calculés en fonction du nombre de Français qui y sont éligibles.
3- punir toute fraude par un surloyer.
Les organismes y trouveraient rapidement les financements qu'ils quémandent et l'on pourrait alléger de 1% les charges pesant sur le travail pour restaurer la compétitivité de l'entreprise France.
Quand même, quand on voit tant de voitures dans les embouteillages, tant de clients dans les magasins de jeux electroniques ou de vêtements de marque... on n'imaginerait pas qu'il y ait 60% de nécessiteux !
On se trompe...
PhL
LEMBO - 01/10/08 19:16
Pourquoi créer des ghettos ?
Il faut subventionner les locataires et non les logements. C'est ce que suggérait Alain Madelin.
JVerhaeghe - 01/10/08 0:05
La remarque de Xénophon illustre une habitude bien
Française :
Justifier les prébendes d'une minorité au nom du bien
d'une majorité.
Au lieu de faire déménager la minorité concernée, il
existe une solution beaucoup plus simple : au-delà
d'un revenu imposable correspondant au SMIC, indexer
les loyers HLM sur ceux du marché.
Ceux qui n'ont pas besoin d'un logement social s'en
iront d'eux-mêmes.
Il faut d'autre part rappeler que plusieurs dizaines de
milliers de logements sociaux sont libres de locataires,
pour cause d'insécurité dans les sites concernés.
MP - 30/09/08 19:25
On parle ici de personnes qui gagnent dans les 6000 à 9000 € par mois, qui ont donc les moyens d'habiter dans le secteur privé et doivent y être envoyés de toute urgence.
Philippe François (iFRAP) - 30/09/08 14:47
Si les locataires Hlm restent dans leur logement, c'est que pour beaucoup la marche à franchir pour devenir propriétaire ou locataire du secteur privé est trop élevée. Il ne sert à rien de les faire sortir du parc social pour qu'ils encombrent les services sociaux pour endettement. Il vaudrait mieux un grand plan de construction de logements sociaux et des mesures visant à modérer les loyers privés.
Xenophon - 30/09/08 14:47
Cela montre malheureusement le peu de courage de nos dirigeants!
lucbrasdefer - 30/09/08 14:24
Je partage totalement votre réaction. Que 60% des Français puissent avoir droit à un HLM est inquiétant mais que 95% puissent y rester à vie est hallucinant!
A qui est attribué alors ce type d'habitat destiné en principe à nos compatriotes les plus démunis?
On le constate malheureusement tous les jours: aux "copains" de l'équipe en place et d'abord à ses serviteurs, les employés municipaux...
Je pense que la limite maximale des revenus pour rester en HLM devrait être de 50% du plafond donnant droit à y accéder. Cela laisse le temps de faire carrière...!
Profitez du projet de loi Boutin pour faire campagne sur ce thème.
Bon courage.
MICHAUX - 30/09/08 13:59
Un haut fonctionnaire touche bien plus que 6600 euros : ça, c'est une rémunération hors primes. Il faudrait ajouter un bon quart aux chiffres fournis.
Tous ces abus n'existeraient pas avec une location à prix normal, compensée par un "chèque-logement" pour ceux qui en ont besoin. Ce qui éviterait liste d'attente, coupe-file et passe-droit.
pascal - 30/09/08 12:21


