Depuis des décennies, les fonctionnaires peuvent cumuler librement leur retraite et le salaire d’un autre emploi, alors que cette possibilité est très limitée pour les salariés du privé. Le gouvernement envisage d’autoriser ce cumul pour tous, mais la Présidente de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) vient de déclarer : "Il y a certes une légitimité à assouplir les règles de cumul dans le privé, car dans d’autres régimes, les salariés peuvent déjà liquider leur retraite et trouver un autre emploi sans être pénalisés, mais il est trop tôt pour le faire." On remarque la pudeur avec laquelle Madame Karniewicz parle "d’autres régimes" sans citer celui des fonctionnaires.
Quelques jours plus tard, François Chérèque secrétaire général de la CFDT dans La Tribune "met en garde le gouvernement sur le cumul emploi-retraite, qui lui pose un vrai problème". La CFDT, très favorable dès l’origine à la loi sur les 35 heures, croit toujours qu’il faut partager le travail. François Chérèque est persuadé que ces retraités vont prendre la place des jeunes. Conclusion : cette mesure "Il faut la différer".
Il est curieux que ces responsables syndicaux qui voient de multiples inconvénients au cumul emploi-retraite pour les salariés du privé n’en voient aucun pour les fonctionnaires.
Le témoignage que nous avions reçu il y a 1 mois indique l’urgence de cette réforme qui ne doit être remise à plus tard sous aucun prétexte. Le scandale est encore plus grand quand il s’agit de personnes qui se font piéger de bonne foi par des règlements qui leur semblaient inimaginables. La colère de notre correspondant s’explique puisqu’il ignorait 1) que le cumul lui était interdit et 2) qu’il était autorisé pour les fonctionnaires. Malgré les protestations des syndicats, le gouvernement semble décidé à libérer la possibilité de travailler une fois à la retraite. Soyons très vigilants pour éviter que les fonctionnaires des ministères n’introduisent dans la loi une série de taxes et de conditions qui la videraient de sa substance.
Par un message du 12 juin 2008, Madame Danièle Karniewicz (CGC) Présidente de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie nous a demandé de publier la totalité de sa réponse publiée par les Echos du 22 mai 2008.
Voici donc son texte complet:
"La « libéralisation » du cumul emploi-retraite m'inquiète : elle pourrait coûter de l'ordre de 700 millions d'euros au régime général du privé à court terme, si les salariés qui ont suffisamment cotisé décident de liquider rapidement leur retraite. Cette mesure est contradictoire avec l'objectif de faire en sorte, via l'augmentation du taux de la surcote, que les seniors restent plus longtemps dans leur entreprise. Il y a certes une légitimité à assouplir les règles du cumul dans le privé, car dans d'autres régimes, les salariés peuvent déjà liquider leur retraite et trouver un autre emploi sans être pénalisés, mais il est trop tôt pour le faire. Il faut procéder par étapes."
Madame Danièle Karniewicz (CGC) Présidente de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie
- 17/06/08 16:07
Cela faisait des années que la noblesse syndicale pillait les travailleurs du secteur privé au profit des salariés de la (dys)fonction publique. Et puis sont arrivés des syndicats "dissidents", dont la part ne cesse de monter dans les entreprises. Et, de peur que le pouvoir politique leur retire leur "présomption irréfragable de représentation en France", qui leur autorise toutes les magouilles, nos syndicalistes rentiers ont préféré discuter avec le diable. Ils n’ont rien gagné, les fachos de Sud continuent à leur tailler des croupières en termes d’adhérents, et ils vont perdre le droit divin acquis en 1966 au mépris de toute idée de démocratie (pour des cocos, vous me direz que c’est bien normal) Bravo Bertrand, continue à te foutre de leur gueule, avec un Besancenot à 20% et SUD qui demande les 28 heures hebdomadaires et la retraite à 33 ans.
La France est aujourd’hui face à son destin. Les médias ont beau jeu de stigmatiser aujourd’hui la lâcheté des responsables politiques. Mais tous les hommes politiques, les commentateurs lucides ou les intellectuels qui ont envoyé des mises en garde depuis plus de 20 ans sur la situation de la France ont été brisés, notamment par la classe médiatique. Alors il nous reste en effet les lâches et les arrivistes, prêts à toutes les concessions pour parvenir au pouvoir ou pour y rester. Mais le temps des concessions est fini. Soit l’on se décide à mettre en oeuvre et affronter la vraie rupture, soit notre pays s’écroulera. Toute politique économique jugée par ces partenaires sociaux incompatible avec le modèle social français sera immédiatement caricaturée, affublée de l’étiquette « ultralibérale » pour mieux être disqualifiée et écartée. Pour notre malheur, cette attitude grotesque et immature a conduit la France à être absente d’un mouvement de prospérité sans précédent qui a profité au monde entier, ou du moins aux pays plus ouverts qui ont fait les réformes adaptées.
Au-delà de la question des régimes spéciaux de retraite, c’est la question de la réforme du régime général qu’il faudra bien poser un jour. On ne pourra retarder indéfiniment l’inévitable. La France ne dispose pas d’une potion magique qui aurait échappé à l’ensemble des autres pays industrialisés, lui permettant de ne pas faire les efforts que les autres ont dû faire. Tous les pays développés ont affronté la question de la pérennité du système de retraite fondé sur le principe de la répartition, en réponse aux évolutions lourdes qui affectent les tendances démographiques (allongement de la durée de la vie). L’alignement des régimes spéciaux sur le régime général n’y changera rien, car les régimes spéciaux vont intégrer un régime potentiellement condamné. Partout dans le monde, c’est le couplage d’un système autorisant la capitalisation avec un système de retraite de base fondé sur la répartition qui a permis de sauver l’ensemble des retraites. Or, la France s’est enfermée de nouveau dans une impasse en écartant par principe – et surtout par aveuglement idéologique – le système de capitalisation. Rendez-vous compte, ce système fait de chacun de nous des capitalistes et des propriétaires en puissance, nous rendant propriétaires de notre patrimoine (capital accumulé tout au long d’une vie de labeur), nous rendant finalement maîtres de nos destins individuels, ce que ne peuvent tolérer tous les constructivistes pétris de marxisme et de tentation totalitaire.
chris - 09/06/08 11:39
Après une succession de réclamations, j'ai enfin obtenu une réponse de la part de ma Caisse de Retraite. La réponse me révolte, car il est précisé :
<<...la reprise d'une activité salariée entraîne la suspension de l'allocation, si l'activité exercée procure des revenus, qui ajoutés à l'ensemble des pensions et allocations servies, excèdent le dernier salaire d'activité...>>
Ce qui signifie que, celui qui termine sa carrière avec un salaire confortable de 5000 € par exemple, pourra reprendre une activité salariée, avec un bon salaire qui pourra atteindre encore 2 à 3000 €. Pour celui qui termine son activité avec un salaire de misère...1500 €, par exemple, il ne pourra reprendre une activité salariée, qu'avec un salaire de misère de quelques centaines €...! Ne parlons pas des très petits salaires, inférieurs à 1000 €, qui contraignent les gens à "crever" ou à travailler clandestinement.
Cette mesure est parfaitement discriminatoire et devrait être anti-constitutionnelle. Même après la retraite, la culture du privilège se poursuit, et profite surtout et avant tout aux fonctionnaires et régimes spéciaux, qui cumulent le maximum de rémunération sur les derniers mois d'activité... compte tenu que leur retraite est calculée sur le dernier mois de salaire ou tout au plus sur les 6 derniers mois de salaire.
On nous parle de permettre aux seniors de continuer ou de reprendre un travail, pour sauver un système qui s'effondre en raison d'un état d'esprit imprégné d'un poison inoculé par les syndicats, qui défendent uniquement la fonction publique, qui leur assure le maximum de privilèges.
J'ai commencé à travailler à l'âge de treize ans... en 1961, comme apprenti peintre en bâtiment. Je termine comme responsable d'un laboratoire de produits chimiques... et j'ai cotisé en tout 46 années + 10 mois... et l'on ose maintenant me poser des conditions pour pouvoir reprendre une activité salariée. Ma retraite, je l'ai bien gagnée, et je dois trouver une astuce pour échapper à cette injustice... je dirai même à cette insulte...! Ce qui sera préjudiciable à la société toute entière...
J'ai 61 ans, et je me prépare désormais pour un autre combat.
X - 04/06/08 17:38
S'il ne s'agissait que de mon cas, le problème ne serait que de peu d'importance, mais il s'agit du secteur privé qui est lésé et exploité par le secteur public.
Puisque vous dites que les fonctionnaires peuvent cumuler sans restriction, un emploi et leur retraite, ne peut-on invoquer la mesure discriminatoire et anti-constitutionnelle, et rassembler les retraités du secteur privé pour déposer massivement et à titre individuel, une plainte contre les responsables de ce système... Etat, caisse de retraites, syndicats... etc. J'avais cru comprendre que 1789 avait aboli les privilèges. Faut-il comprendre que les privilèges de la noblesse ont été transférés à la fonction publique ? L'arsenal législatif ne nous permet-il pas de mettre en oeuvre une attaque contre cette injustice ?
Peut-être que l'IFRAP serait en mesure d'orchestrer cette opération ? Je suis pour ma part prêt à collaborer activement à cette action. Je suis un retraité qui possède encore beaucoup d'énergie pour se défendre. La vague des retraités de l'après guerre, pourrait représenter une force dissuasive et une masse d'électeurs décisive.
X - 04/06/08 16:35


