
Il faut savoir que les chroniqueurs du Wall Street Journal attaquent depuis des années les deux grandes sociétés de crédit hypothécaire Freddy Mac et Fannie Mae et dénoncent une gestion non seulement à tout va mais corrompue, les dirigeants de ces deux sociétés étant les créatures du parti démocrate, avec des traitements défiant toute concurrence, faveurs qu’ils retournent et au parti démocrate et à leurs dirigeants comme le sénateur Christofer Dodd du Connecticut actuellement accusé d’avoir reçu des prêts à des taux incroyablement bas mais qui se trouve fort opportunément être un membre clé de la Commission des appropriations qui supervise ces deux sociétés. Deux des anciens dirigeants de Fannie Mae ont d’ailleurs été condamnés. Rappelons que ces deux entreprises représentent 5.000 milliards de dollars de prêts et qu’elles ne pouvaient subsister que grâce à la protection implicite de l’Etat américain garantissant leurs emprunts.
Ce qui a amplifié la crise, c’est l’invention de la titrisation [1] permettant de répartir le risque hypothécaire sur une population beaucoup plus large, mais là encore l’Etat américain ou plutôt tous les états ont été déficients en laissant faire sans créer un minimum de garde-fous.
Lorsqu’une société émet des actions, celles-ci sont complètement répertoriées et en France au moins, l’on sait qui en sont le ou les propriétaires ; les comptes doivent être publiés suivant des règles comptables strictes, etc. En un mot, l’Etat a imposé une transparence qui est la condition pour qu’un marché informé puisse fonctionner et permette des évaluations raisonnées de la valeur des titres.
En laissant la titrisation des prêts hypothécaires s’envoler mais sans aucune obligation déclarative, on en est arrivé au stade où plus personne ne sait qui a quoi et où les agences de cotation – qui dans ce domaine ont aussi leur responsabilité - sont devenues incapables d’offrir des évaluations sérieuses des risques.
Les mouvements de gauche s’emparent de cette crise pour dénoncer le libéralisme. Mais le libéralisme n’a jamais été le laisser-faire auquel nous avons assisté, le libéralisme c’est laisser aux individus le maximum d’initiative sans laquelle la créativité s’éteint, mais en les enserrant dans un certain nombre de règles pour éviter des débordements qui pénalisent l’ensemble.
La morphine est un médicament remarquable pour contrôler la douleur, mais un désastre social et humain si elle était en vente libre.
C’est à travers les crises que l’humanité a appris peu à peu ce qui est bon et mauvais pour elle ; et à construire un équilibre délicat entre liberté d’entreprendre et interventionnisme de l’Etat.
Ce n’est pas la liberté d’entreprendre seule ou le renforcement massif du rôle de l’Etat qu’il faut rechercher mais le point oméga qui maximise l’initiative individuelle tout en prévenant les débordements. L’Etat doit intervenir mais ne pas en profiter pour accroître son poids déjà trop lourd, en France du moins.
[1] Transformation de créances en titres financiers échangeables sur les marchés des capitaux
Le libéralisme se transforme en laisser-faire dans le domaine financier (à la fois essentiel pour l'ensemble de l'économie et, terriblement (...) Lire la suite
jean55 - 08/10/08 11:54
ifrap pas assez fort !!! Exemple de folies à la française : ils veulent faire une loi pour limiter les goldenparachutes et autres goldengateau. Pour (...) Lire la suite
jcpa - 08/10/08 11:30
Je ne suis un spécialiste ni de la finance, ni de l'économie, mais il me semble que le simple bon sens aurait pu nous éviter tout ça ! Je voudrais (...) Lire la suite
EG - 08/10/08 11:20
Cher Bernard Zimmern, Ta référence à l'héroïne comme outil utile ou pernicieux dans le traitement de la douleur, appliqué à la nécessité de (...) Lire la suite
P de B ( X 61 ) - 08/10/08 10:45
Bravo, jamais vu aussi clair en "aussi bref".. A publier dans les grands quotidiens! Urgent Amicalement
Fabregues - 08/10/08 10:30
Bonjour, Bravo! pour vos explications si limpides . Voilà un petit moment que je guettais aux abois votre réaction. je suis un fidèle de (...) Lire la suite
genetet - 08/10/08 10:04
Bonjour, Il ne faut pas oublier la cause première de tout cela qui est la volonté d'inspiration sociale voire socialiste du président Clinton (...) Lire la suite
JLFaure - 08/10/08 9:00
Vous semblez transférer la faute à quelques dirigeants démocrates, malhonnêtes, d'institutions financières spécifiquement chargées de gérer (...) Lire la suite
Leclercq - 08/10/08 5:19
Vous oubliez que la crise des "saving and loans" en 1986 a eu des origines similaires, qu'en créant la Revolution Trust (...) Lire la suite
Bernard Zimmern (iFRAP) - 07/10/08 23:48
Je réagis rapidement, au débotté, pardonnez la forme de mon argumentaire. 1 – Le plan Paulson n’endigue pas la chute des cours parce que la (...) Lire la suite
JM - 07/10/08 23:48
L'arbitrage est une fonction essentielle du marché : elle permet notamment de faire supporter les pertes de change à une (...) Lire la suite
Bernard Zimmern (iFRAP) - 07/10/08 23:23
Crise de confiance (du crédit)? Ou dérive de produits financiers dits « dérivés »? Les économistes et responsables politiques des grandes (...) Lire la suite
DO - 07/10/08 23:23
le vrai problème n'est a mon avis pas là : la plus grosse responsabilité est a rechercher chez Greenspan qui a laissé les banques créer de la (...) Lire la suite
J-M Y - 07/10/08 22:16
Vous dites manque de régulation étatique ? Non. L'origine du mal vient d'interventions malheureuses du gouvernement fédéral. A l'origine, il (...) Lire la suite
MP - 07/10/08 21:25


