
Conservateur des hypothèques : le nom est assez mystérieux pour laisser supposer que la fonction est complexe, mais au moins qu’elle est utile. Quand on achète un terrain ou un logement, il est préférable de savoir si le vendeur en est vraiment le propriétaire, et si ce bien n’a pas déjà été donné en garantie par le vendeur en contrepartie d’une dette. Le conservateur a pour mission d’assurer la transparence de l’information foncière entre quatre acteurs essentiels de ce marché : l’acheteur, le vendeur, le créancier et son débiteur. Mais, le conservateur des hypothèques est également un fonctionnaire du fisc, qui intervient dans le processus de collecte des droits de mutation immobiliers dits « fusionnés » depuis 1969, regroupant formalités d’enregistrement et de publicité foncière. Ces droits représentent un montant considérable : quelque 10 milliards d’euros pour 2007. Combien coûtent les 354 conservations ? Le montant des revenus bruts des conservations est de 1,02 milliard d’euros sur lesquels l’État prélève 978 millions d’euros. Le travail des conservateurs mérite-t-il un salaire annuel moyen de plus de 100 000 euros (113 743 euros), soit 40,2 millions d’euros dépensés par an au total ?
Réformer le système des conservations des hypothèques semble donc être une réforme souhaitable car source d’importantes économies. L’opportunité s’ouvre à nous dans le cadre de la fusion DGIDGCP en direction générale des Finances publiques (DGFP). Mieux, il existe même une volonté syndicale en ce sens : la motion du Snadgi-CGT (Syndicat national des agents de la direction générale des Impôts), prise au congrès de Seignosse en 2003, se prononce en effet « pour la suppression du grade de conservateur des hypothèques. Ces services, comme les autres, doivent avoir à leur tête un chef de service qui ne soit pas rémunéré en fonction des résultats. » [2] Enfin, la Révision générale des prélèvements obligatoires (RGPO), devrait également se nourrir d’une telle réflexion sur le sujet. Pour que ces réformes puissent aboutir, il faudrait déjà que les économies potentielles à réaliser - plus de 40 millions d’euros sur les revenus nets des conservateurs - et sans doute de larges économies à apporter aux frais de fonctionnement des conservations, ne soient pas paralysées par le corporatisme des conservateurs.
La rémunération des conservateurs : opacité et anachronisme
Travail effectif, le personnel des conservations pointé du doigt
493 conservateurs pour 354 conservations, une gestion de corps qui empêche toute réforme
Les propositions de l’iFRAP
[1] Parachute doré, plan d’achat d’actions préférentiel, prime d’arrivée ou de recrutement
[2] Voir la revue La Vie syndicale, n° 260, 2003 p. 5. Cité par Le Roux Serge, La Mort du dernier des privilèges, op.cit. p. 116.
Je n'ai pas vu citer (mais peut-être est-ce distraction de ma part) le cas des Receveurs des Douanes. Une partie de ma carrière professionnelle (...) Lire la suite
Hubert - 27/11/08 15:58


