
Loin derrière les dépenses d’assurance-maladie ou le budget de l’Éducation nationale, les collectivités locales ne sont pas les administrations auxquelles on pense lorsqu’il s’agit de la maîtrise des dépenses publiques. Pourtant, leur poids n’est pas moins important ces dernières années. Les dépenses tout d’abord : les administrations publiques locales – comme on les appelle en comptabilité nationale – représentent 199 Mds € en 2006. C’est 20 % du total des dépenses publiques (957 Mds €). En 1984, année où les grandes lois de décentralisation ont scellé leur développement, elles ne pesaient que 56 Mds €, soit une multiplication par 2 en vingt ans, alors que le PIB a été seulement multiplié par 1,5. Une hausse qui représente 25 % de la croissance de la dépense publique totale.

La raison de cette envolée, c’est l’inflation non maîtrisée des effectifs qui ont augmenté de 51 % alors que l’ensemble des administrations augmentait de 17 %. La hausse de la FPT est près de deux fois supérieure à celle de l’État et représente la moitié de la hausse de la fonction publique totale sur vingt ans. Alors que la FPT représente moins du tiers de l’emploi public en 2005, elle a absorbé à elle seule 51 % des emplois publics créés depuis 1994. Un rythme explosif.
Plus précisément, c’est le secteur communal qui arrive en tête, employant encore les deux tiers des effectifs des collectivités locales. Il est en hausse de 10 % sur dix ans mais représente plus du tiers de la hausse des effectifs territoriaux. Viennent ensuite, avec des effectifs plus réduits, les Départements, les organismes intercommunaux et les Régions.
Mais c’est dans ces derniers justement que les effectifs ont explosé : ce sont respectivement les Régions (+ 92 %), les intercommunalités (+ 89 %) et les Départements (+ 42 %) qui ont connu les plus fortes hausses d’effectifs. Les communes restent le premier acteur local avec un volume budgétaire de 100 milliards d’euros. Les communes et EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) concentrent 54 % de la hausse des dépenses sur la période 1994-2004, les Départements 31 % et les Régions 18 %.
| Secteur | 1994 | 2004 |
|---|---|---|
| Communes & organismes communaux | 1 088 914 | 1 204 037 |
| Organismes intercommunaux | 103 731 | 196 265 |
| Départements et organismes départementaux | 204 322 | 290 950 |
| Régions | 7 243 | 13 972 |
| Total collectivités locales | 1 466 190 | 1 777 319 |
| Total fonction publique | 4 438 576 | 5 179 881 |
| Source : Insee, DGAFP | ||
Des rémunérations moyennes qui ne cessent de croître
Des compétences toujours plus pléthoriques
Des retraites au financement plus qu’incertain
Conclusion : quelques pistes de réformes
Les effectifs des collectivités locales (comme ceux de la FPE)
doivent absolument diminuer dans les prochaines années.
Pour y parvenir, il s’impose de :
finaliser les transferts de compétences et surtout de personnels
entre la FPE et la FPT relatifs aux précédentes étapes de
décentralisation afin d’éviter les doublons ;
finaliser les transferts de compétences et de personnels dans
le cadre de la mise en place des intercommunalités ;
faire des études d’impact en termes de création d’effectifs
et de coût pour les collectivités préalables à toute nouvelle
législation ;
encourager le chantier « service public 2012 » avec pour fil directeur
les orientations annoncées par le président de la République
dans son discours fondateur sur le fonction publique : « Le choix
du statut ou non, la mise en place de l’individualisation des carrières
et des salaires et la rémunération au mérite. »
C'est vrai, les % de effectifs des collectifs des collectivités locales sont pléthoriques et en constante inflation. C'est vrai aussi que le (...) Lire la suite
medicago - 20/11/08 6:45
A mon avis il y a un autre paramètre : Nous avions 36 000 communes trop petites pour prendre des décisions, trop petites pour survivre. Nous (...) Lire la suite
jaco - 07/11/08 13:26


