Parmi tous les pays, la France se considère en pointe sur la culture, au bénéfice de ses citoyens et de son rayonnement mondial, d’où sa croisade pour l’exception culturelle. Si pendant la première moitié du XXe siècle, les artistes de France et du monde entier accouraient à Paris, alors qu’aucun bureau d’accueil ne les attendait à leur descente du train ou du bateau, où en est-on au XXIe siècle ? A vouloir trop l’aider, a-t-on dévoyé la culture ? Les exemples des théâtres et des orchestres, illustrent les difficultés que rencontrent les structures publiques à satisfaire leur public et les structures privées à survivre.
Ministère et exceptions culturelles
La France a été le premier pays à se doter d’un ministère de la Culture et donc d’une « politique culturelle ». Depuis, le budget consacré à la culture ne cesse d’augmenter, non seulement de la part de l’Etat mais encore de toutes les institutions cherchant à mener leur propre politique culturelle. Le projet de budget de la culture pour 2005 atteint 2 787,43 millions d’euros, soit une dotation en progression de 5,6 % par rapport aux crédits ouverts par la loi de finances initiale pour 2004, déjà en hausse de 5,7%.
"Dans le domaine culturel, agir, pour les élus, c’est avant tout dépenser, et le plus visiblement possible"
Maryvonne de Saint Pulgent, Le gouvernement de la culture.
La plupart des autres pays européens n’ont pas créé un Ministère de la culture à part entière, mais l’ont associé à d’autres domaines étroitement liés. L’Espagne et la Suède, entre autres, l’ont regroupé avec l’Education nationale comme le souhaite Marc Fumaroli, Académicien et auteur de L’Etat culturel, Essai sur une religion moderne.
La Suède a un budget annuel culture 2005 de 5 millions d’euros contre 2,7 milliards d’euros en France. Par habitant, l’Etat suédois dépense ainsi 0,55 euros contre 45 euros pour l’Etat français. Lorsque l’on pense au rayonnement culturel de la Suède, on évoque les Nobel et pourtant les prix Nobel sont la propriété d’une fondation privée comme nous n’en avons pas en France dans la culture. La Suède a 37 fois plus de fondations que la France (130 pour 100 000 habitants contre 3,5 en France). François Pinault avait tenté un essai il y a quelques mois, avec l’issue que l’on connaît.
| Allemagne | Aucun - Responsabilité des régions |
| Danemark | Culture |
| Espagne | Education, culture |
| Italie | Culture |
| Luxembourg | Culture, enseignement supérieur, recherche |
| Pays-Bas | Education, culture et science |
| Royaume-Uni | Culture, media, sport |
| Suède | Education, recherche, culture |
De la politique culturelle
Au ministère français de la Culture, un certain flou reste de mise sur le total des subventions consacrées à la Culture. Le seul chiffre disponible est une estimation du Département des études et de la prospective du ministère de la Culture : en 2004, le total de l’argent public dépensé en France pour la culture s’élève à 11 milliards d’euros budgétaires. Soit, quand on prend en compte non seulement le budget du ministère de la Culture mais aussi les budgets culture des autres ministères (recherche, éducation, tous les ministères ont des lignes de crédit dédiées à la culture) 5,3 milliards venant du budget de l’Etat (2% du budget de l’Etat) et 5,3 milliards venant des collectivités (3,7% du budget des collectivités), bien au-dessus de l’objectif du 1% culturel, sans compter les 952 millions consacrés en 2004 aux intermittents du spectacle par l’assurance chômage des salariés du privé. La France dépense ainsi des sommes pharaoniques pour la Culture par rapport à nos voisins européens.
| Mission Culture et Communication | |
|---|---|
| Patrimoines | 1 080 982 668 € |
| Création | 916 580 817 € |
| Transmission des savoirs et démocratisation de la culture | 667 816 159 € |
Les objectifs de cette dépense restent très vagues et le ministère de la Culture doit souvent remonter à l’origine de sa création (1959) et citer Malraux pour justifier son existence (encore que d’après Alain Peyrefitte, la création de ce ministère tienne beaucoup au besoin de recaser André Malraux, incontrôlable au ministère de l’information). Cependant, il semble que cela ne suffise plus et que la notion d’intérêt général y soit de plus en plus vague. Si on suit André Malraux, on comprend que l’action culturelle de l’Etat français se définit par le devoir de l’Etat " d’exprimer le génie profond des peuples. (…) C’est à elle [la France] qu’il revient d’être une métropole de l’art et de l’esprit, chargée de diffuser la connaissance et de révéler au monde ses chefs d’oeuvres". Grandiloquent programme. Tellement qu’on en a oublié, tout en distribuant de plus en plus d’argent (depuis 1959, on a vu se multiplier les crédits du ministère de la culture par 70), de fixer des objectifs plus concrets. Alors, le culturel est devenu le tout culturel ou le rien culturel.
Des augmentations de budget bénéficiant d’abord à la structure
Dans Le Gouvernement de la culture, Maryvonne de Saint Pulgent explique : "Depuis 1959, les crédits du ministère de la Culture ont doublé tous les dix ans (…) Les bénéfices de cette manne ont été inégalement répartis. Les évolutions structurelles du budget de la rue de Valois jettent une lumière crue et inattendue sur les priorités réelles des ministres successifs. Grâce à ces quarante ans de prospérité, toutes les disciplines ont vu leurs crédits croître en francs constants. Mais, si elles regardent leurs voisines, elles y voient des gagnantes et des perdantes. Du côté des perdantes : les archives et surtout le patrimoine (…), du côté des gagnants : les frais de structure avec plus de 23 %". Sur l’évaluation du nombre de personnels du ministère de la Culture, le rapporteur spécial chargé du budget à la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le député de l’Oise Olivier Dassault déplore une certaine opacité : "Les effectifs budgétaires, que votre rapporteur a eu le plus grand mal a connaître avec précision, soit 13.613 emplois, sont en diminution de 206 postes par rapport à ceux inscrits dans la loi de finances pour 2004, qui étaient déjà en baisse de 191 postes. Parmi ces 206 postes en moins, on compte 90 véritables suppressions d’emplois dont vous trouverez le détail dans la note qui vous a été remise". En réalité, comme l’explique le rapporteur, cette diminution de postes au niveau du ministère se concrétise par des ré-affectations dans d’autres structures publiques (EPIC ou autres). Outre la gestion des personnes, l’opacité dans la gestion du patrimoine immobilier du ministère de la Culture est aussi légendaire.
++DECOUPE++
La culture n’est pas une marchandise…
"Si la culture n’est en rien une marchandise, elle génère de l’action culturelle", bel essai du rapporteur du budget de la Culture à la commission des Finances de l’Assemblée nationale pour faire passer l’idée que la culture devrait être considérée comme une activité économique à part entière. Problème, selon nos sources : "dans les hautes sphères culturelles de l’Etat, la culture est noble et gagner de l’argent avec la culture est bas" au point qu’il est très difficile d’introduire des directions marketing et management dans les établissements culturels.
Dans un établissement culturel parisien financé à la fois par l’Education nationale et la Recherche et précédemment dirigé par un énarque de la sphère Lang (décrit par ceux qui le connaissent comme un satrape), sévit un curieux comité d’accueil pour ceux qui viennent du privé. Pour développer l’activité du lieu, le nouveau directeur (énarque lui-même) a choisi un manager du privé. Immédiatement, les syndicats de l’établissement ont fait un recours auprès du tribunal administratif pour tenter d’empêcher sa nomination. Ce manager du privé, qui veut de l’efficacité dans un établissement culturel dérange. "Ils ne veulent pas que l’argent qui pourrait leur revenir soit dépensé pour faire du marketing et faire connaître nos activités, ils considèrent que c’est de l’argent sale".
…mais une chasse gardée des énarques…
Aujourd’hui, pratiquement aucun des managers qui officient dans les établissements publics culturels, ne vient du privé. Et ce pour une raison simple, les règles sont tellement difficiles à suivre, forgées par des énarques pour des énarques, que ceux du privé qui s’y frottent avouent que, sans un énarque dans la direction, on ne peut comprendre le fonctionnement culturel. Il est pratiquement impossible de faire entrer des personnes extérieures au réseau de l’ENA. C’est bien cela que dénonce, avec beaucoup de diplomatie, le club Culture et management.
…et un paradis pour les réseaux
Le réseau des énarques tient les bonnes places dans la culture. Ce qui fait dire à Catherine Trautmann, ancien ministre de la Culture : "Les gens des cabinets, se retrouvent à l’excès à des postes qui ne correspondent pas à leur profil. Les réseaux parisiens sont très puissants, il y a une sorte de prééminence parisienne. Tout cela n’est pas assez clair". Dans une certaine enclave qui lutte contre la corruption de l’Etat, le discours est sans détours
Michel Koch (ESCP 92) Président du Club Culture et Management
Spécialiste de l’édition et de l’industrie musicale (Sony Music, Editions Lamy, France Loisirs), Michel Koch dirige QualiData, société spécialisée dans la gestion de bases
de données marketing d’utilité publique (ONG, associations sociales et culturelles) depuis 2005. Membre du bureau du Club Culture et Management depuis 1997, il en est devenu le président en 2003.
Suite disponible dans la revue Société Civile n°49
"Dans la culture, il y a une sorte de snobisme qui prévaut : il n’y a jamais de spectacle nul, ce sont les spectateurs qui ne sont pas au niveau. Ce sont des « artistes » sans notion de gestion. A cela se greffe l’intérêt des réseaux animés par les énarques qui freinent la réforme de l’Etat. Ils profitent de l’Etat pour s’enrichir car c’est de plus en plus difficile de s’enrichir dans le privé. Il n’y a aucun risque à s’enrichir grâce à l’Etat tandis qu’il y a de gros risques dans le privé. La Cour des comptes a fait un rapport sur les dysfonctionnements au sein du ministère de la Culture qui est le ministère le plus mal géré qui soit. En France, nous avons un problème de réglementation, le conflit d’intérêt n’existe pas, il n’y a que la notion de prise illégale d’intérêt. Au ministère de la Culture, ils savent très bien que nous avons des dossiers sur eux mais nous n’avons aucun pouvoir d’enquête".
Marc Fumaroli
Académicien, professeur au Collège de France, Historien des idées et des formes littéraires et artistiques de l’Europe, auteur de "l’Etat culturel"
Suite disponible dans la revue Société Civile n°49
Catherine Trautmann
Député européen et ancien ministre de la culture
Suite disponible dans la revue Société Civile n°49
Avec son ministère de la Culture, que la France est l’un des seuls pays à avoir conservé, la France soigne son exception du mieux possible. Chacun à leur façon, Catherine Trautmann, Marc Fumaroli et Maryvonne de Saint- Pulgent le soulignent, cette politique d’une inflation constante des deniers publics dépensés pour le tout culturel tue à petit feu tout marché qui pourrait exister sans financements publics.
++DECOUPE++
Théâtres entre subventions et concurrence déloyale
++NOCHAPEAU++
"Le spectacle vivant est la première priorité de ce budget. Rappelons d’abord les chiffres : avec 753 Millions d’euros, le spectacle vivant représente le premier poste budgétaire de ce ministère. C’est aussi un poste très dynamique : les dépenses en faveur de ce secteur ont crû de près de 10% depuis le début de la législature. Ce mouvement est appelé à se poursuivre dans les années qui viennent. Dès 2005, des mesures nouvelles de 23,1 Millions seront affectées au spectacle vivant. Les moyens d’intervention consacrés à ce secteur auront ainsi progressé de 66 Millions au total depuis 2002. Ce socle considérable de crédits permettra notamment la mise en oeuvre, en 2005, du plan pour le spectacle vivant qui traduit les engagements que j’ai pris au printemps, de conforter la création et la diffusion des oeuvres, d’élargir les publics et de pérenniser les emplois. (…) Je souhaite que ce ministère soit plus que jamais à l’écoute de toutes les formes de création et de renouveau artistiques, de toutes les audaces, du neuf, de l’imprévu, et c’est aussi le rôle que j’assigne à la commande publique, spécifiquement pour le spectacle vivant".
Renaud Donnedieu de Vabres (Discours de présentation du budget 2005 de la culture)
"Création et démocratisation" sont les deux objectifs affichés de l’action de l’Etat dans le spectacle vivant qui recouvre le théâtre, le cirque, la danse et la musique. Le spectacle vivant constitue une priorité dans la politique culturelle de l’Etat français, et bénéficie du premier poste budgétaire. Sur 753 millions d’euros du budget spectacle vivant, 201 millions de subventions du ministère de la Culture sont consacrés au théâtre (chiffres DMDTS 1996), et 374 millions proviennent des collectivités territoriales soit 575 pour le théâtre et les spectacles pour 4,4 millions de spectateurs.
| Nombre | Subventions | ||
|---|---|---|---|
| 2002 | 2004 | 2003 | |
| Théâtres nationaux | 5 | 5 | 60 € |
| Centres Dramatiques nationaux | 42 | 42 | 100 M € |
| Scènes nationales | 70 | 69 | 146 M € |
| Scènes conventionnées | 62 | 65 | 58 M € |
| Compagnies subventionnées | 592 | 632 | |
| Théâtres nationaux : Comédie Française, Théâtre National de Chaillot, de la Colline, de Strasbourg, de l’Odéon | |||
La France n’a jamais consacré autant d’argent au théâtre. Pourtant, le théâtre -et surtout le théâtre privé- est crise. De 1992 à 2000, l’offre théâtrale dans les seuls théâtres nationaux, centres dramatiques nationaux et scènes nationales s’est régulièrement et fortement accrue : représentations supplémentaires chaque année dans théâtres nationaux, 139 représentations supplémentaires chaque année dans les centres dramatiques, 108 sur scènes nationales soit 282 sur ces trois réseaux. Entre 1998 et 2003, les crédits du ministère de la Culture ont crû 28% pour le théâtre. Les interventions de l’Etat en faveur des centres dramatiques et des scènes nationales se sont accrues de 13 et 24%. En Ile de France, entre 1995 2002, les aides de l’Etat en faveur des centres dramatiques nationaux et des scènes nationales ont augmenté de 17 alors que les recettes de billetterie ont diminué de 10% les entrées payantes diminué de 14%.
Plus de subventions, moins de spectateurs :
Dans le rapport Latarjet commandé en octobre 2003 par Jean-Jacques Aillagon, il est expliqué pudiquement qu’il y a "une dégradation du rapport entre l’offre spectacles et les publics rassemblés". Le rapport aborde la question – cruciale – de la fréquentation des salles avec prudence car les données disponibles sont incertaines et incomplètes. Il y est toutefois souligné que, en moyenne annuelle entre 1991-1992 et 1999-2000, les théâtres nationaux ont perdu 10 200 spectateurs par an, les CDN ont perdu 25 700 spectateurs par an, les scènes nationales en ayant gagné 14 152.
Sur l’ensemble du pays, les aides de l’Etat, toutes salles publiques confondues, a augmenté de 18 % entre 1998 et 2002. Dans le même temps, la fréquentation a crû de 14% mais seulement de 8% si l’on ne compte que les entrées payantes (1 sur 5 est gratuite) et le nombre de spectateurs par représentation a chuté de 12%. Il y a donc bien décalage croissant entre la demande de spectacle et l’augmentation de spectacles financés par l’argent public.
Et le rapport Latarjet d’ouvrir timidement la brèche : "la question de la surproduction se pose, même si sa connotation marchande dérange (…) la crise est économique". En dépit de l’augmentation de 13% de leurs subventions provenant de l’Etat entre 1998 et 2002, 40% des centres dramatiques nationaux ont un fonds de roulement négatif et 30% sont en crise. Bref : de plus en plus d’argent public, de plus en plus de spectacles, de moins en moins de spectateurs puisqu’on puise toujours dans la même clientèle : 10% des ménages effectuant 50% de la dépense pour le spectacle vivant.
Le théâtre est en crise car une grande partie des salles – parisiennes – subventionnées ne font pas de création. En réalité, le public se lasse qu’on lui serve de fausses créations comme No Paraderan et boude les spectacles publics. La création se fait donc dans des « friches », multipliant les spectacles sans pour autant que le public augmente. Face à ce phénomène et aux prix cassés pratiqués par les théâtres nationaux, scènes publiques et autres centres dramatiques nationaux, les théâtres privés sont de plus en plus mal en point. Il apparaît que, notamment au sein du syndicat des directeurs de théâtres privés, c’est la peur qui domine avec un maître mot : ne pas faire de vagues et surtout, ne pas critiquer l’action du ministère dans les théâtres nationaux, concurrents directs.
++DECOUPE++
Orchestres nationalisés
++NOCHAPEAU++
Si un cousin de passage, votre ami allemand ou une collègue japonaise vous demande de les emmener à un grand concert au cours de leur week-end à Paris, soyez prudent avant de dire oui.
“Entre vendredi soir et samedi après-midi, Paris a entendu deux fois la Symphonie Titan, de Mahler : par le Philharmonique de Radio France et par Pasdeloup. (…) On a ainsi vu une association de bric et de broc (Pasdeloup) damer le pion à une phalange d’élite.”
Le Figaro, 10 mars 2003
La rubrique « Concert » du guide des spectacles est pourtant bien fournie : 29 concerts sont programmés ce dimanche ordinaire (19 le samedi). Vos visiteurs vous ont montré le meilleur de leurs pays, vous avez à coeur de montrer que Paris n’est pas en reste. Bizarrement, 22 de ces concerts de musique classique se déroulent dans des églises de la capitale, 3 dans des musées, 2 sur des bateaux, 1 dans un hôpital et 1 seul dans une salle de concert.
Parmi ces 29 concerts, plusieurs sont des concerts d’orgue gratuits, offerts le dimanche aux fidèles ou aux visiteurs. Ce n’est pas exactement ce que vous recherchez. D’autres, sont donnés par de sympathiques groupes d’étudiants qui visitent l’Europe. Le Gospel Choir de l’Université du Nevada, c’est intéressant mais pas idéal pour rapporter un souvenir bien parisien. La majorité des autres concerts sont donnés par des artistes débutants, généralement en solo ou duo, à la recherche d’un premier public. Intéressant mais aléatoire. Pas non plus idéal pour sortir vos visiteurs d’un jour.
A ce stade, vous réalisez qu’il n’y a AUCUN CONCERT SYMPHONIQUE à Paris pendant tout ce week-end [1]. Pourtant, à Budapest, à Vienne, à Londres, vous avez trouvé des places pour de magnifiques concerts symphoniques
Culture : les 3 propositions de l’iFRAP
Rendre transparent et publier le véritable chiffre du financement
budgétaire de la culture (Etat + collectivités) évalué aujourd’hui à
11 milliards d’euros par an.
Fixer des objectifs d’au moins 50% de création d’auteurs vivants et de 50% de recettes propres pour tous les établissements culturels publics et subventionnés. Subordonner les subventions au respect du cahier des charges.
Encourager par la fiscalité les fondations culturelles financées par des fonds privés et désengager d’autant progressivement l’Etat du financement de la
culture.
Le 16 juin dernier, lors du débat à l’Assemblée nationale sur la journée des fondations, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres évoquait les fondations en ces termes : "La mise en valeur des fondations justifie une forte mobilisation de l’ensemble du Gouvernement, et que nul ne vienne à s’imaginer que nous plaidons, ce faisant, pour un quelconque désengagement de l’Etat".
L’engagement de l’Etat, alors qu’on nous annonce toujours le fameux 1% culturel du budget, qu’on évoque à longueur de discours les 2,7 milliards d’euros consacrés à la culture en France, c’est en réalité 11 milliards d’euros de financements publics alloués chaque année aux activités culturelles publiques. 11 milliards d’euros auxquels il faut fixer des objectifs concrets ou les supprimer.
A l’heure de la LOLF où l’argent manque cruellement dans les caisses de l’Etat et des collectivités, il serait temps de faire le bilan et de déterminer quelles sont les dépenses qui, au sein de ces 11 milliards, mériteraient qu’on les pérennise. On le voit avec l’exemple du théâtre du Rond Point, même dans la culture, on peut fixer des objectifs de création et de recettes propres.
[1] Il y en a eu très peu en semaine sur notre période d’observation de 22 semaines (hors été).
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