Atlantico • 85 milliards de dollars de coupe sous contrainte aux Etats-Unis... Ce que la France pourrait en retenir pour éviter les hausses d'impôts

29 août 2013 • l'équipe de la Fondation iFRAP

Alors que le déficit français atteignait déjà les 59,3 milliards d'euros fin juin, Jean-Marc Ayrault a annoncé un plan d'économies de 10 milliards d'euros pour le budget de 2014. Un plan "sans précédent". En mars dernier, Barack Obama a été contraint de signer des coupes automatiques de 85 milliards de dollars de dépenses. Si de tels coupes avaient lieu en France, où faudrait-il économiser ? Le site Atlantico a interrogé Agnès Verdier-Molinié, directeur de la Fondation iFRAP, Jean-Yves Archer spécialiste en conseil de haut de bilan et gérant d'une société de recherches économiques, et enfin Gérard Thoris, maître de conférence à Sciences Po.

Agnès Verdier-Molinié : La question de la maîtrise des dépenses publiques est essentielle. Nous avions déjà publié à la Fondation iFRAP un rapport sous forme d'agenda qui permettrait d'économiser 70 milliards d'euros sur cinq ans (entre 2012 et 2017). Plusieurs mesures semblent prioritaires en matière de réduction des dépenses publiques. Parmi les mesures évoquées dans notre rapport "100 Jours pour réformer la France", certaines peuvent être citées.

- Une nouvelle réforme des retraites comprenant un système de retraites universel (5 milliards d'euros d'économies sur 5 ans), une indexation des retraites publiques et privées sur la croissance et non sur l'inflation représenterait 10 milliards d'euros d'économies sur 5 ans et un retour à l'âge de la retraite à 65 ans progressif entre 2017 et 2029.

- Une réduction progressive de la durée d'indemnisation chômage pour les moins de 50 ans avec une convergence progressive de la durée d'indemnisation sur 7 ans : 7 milliards d'économies.

- Rendre imposables à l'impôt sur le revenu les compléments de revenus :environ 300 millions d'euros de recettes.

- Rendre imposables les revenus de l'assistanat et les plafonner.

- Réformer l'éducation nationale en augmentant le temps de travail devant les élèves des enseignants de 2 heures de cours par semaine pour les professeurs du second degré, soit une économie équivalente à 40.000 emplois équivalents temps plein au bout de 5 ans. Cela permettrait d'ailleurs de revaloriser les traitements des enseignants. Enfin, fixer un forfait de financement éducatif gelé pendant 5 ans aux niveaux national et local de 5.000 euros par élève du premier degré public et de 9.000 euros dans le second degré public : 4,9 milliards d'euros d'économies par an.

- Continuer sur la voie du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux (de même qu'au niveau local) tout comme il faudrait dorénavant embaucher les nouveaux agents non régaliens sous contrats de droit privé.

- Réduction des dépenses de santé avec un alignement sur 3 ans des tarifs à l'acte entre hôpitaux publics et hôpitaux privés (15 milliards d'euros d'économies) ou encore augmentation de la part laissée à charge des patients pour les soins non essentiels de type cures remboursées (3 milliards d'euros).

- Rationalisation des achats de l'État et de ses opérateurs (en poursuivant la logique d'une baisse supplémentaire de 5% du montant des achats courants, atteinte d'un « effet volume »…) : 4,35 milliards d'économies sur 5 ans.

- Restructuration de l'immobilier de l'État (cessions de biens, mise en place d'un "État bailleur professionnel"…) : 6,3 milliards d'économies sur 5 ans.

- Plus grande maîtrise de la masse salariale des collectivités locales (mise en place d'un plafond, maintien du blocage du point de fonction…) : 13,75 milliards d'économies sur 5 ans.

Lire l'intégralité de l'article sur le site Atlantico