Metro ou la censure des syndicats

Agressions, vols, destructions, garde à vue et un incendie criminel resté dans l'ombre. l'arrivée du gratuit Metro a ravivé une exception française qui ne donne pas lieu d'être fier. Une exception sur laquelle règne un étrange silence.

Ayant déjà trouvé 11 millions de lecteurs dans 14 pays et 21 villes, publié en 13 langues différentes depuis sa création en 1995, le suédois Metro International a finalement osé s'attaquer au marché français. Une cible parfaite compte tenu de la difficulté à attirer les jeunes lecteurs, de la rigidité et du prix élevé des journaux de ce pays où trois personnes sur quatre ne lisent jamais de quotidien national. Un "système qui se tue lui-même", selon le PDG de Metro International Pelle Törnberg. Le quatrième quotidien au monde a enfin sorti son premier numéro à Paris le 18 février et à Marseille le 19 février de cette année.

Grave erreur ! Connaissant -comme toute personne regardant la France de l'extérieur- la violence des syndicats, le rôle de la CGT et de ses filiales comme le Syndicat du Livre et le monopole imposé des NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne), les dirigeants de Metro International ne pouvaient pourtant nullement se douter du sort qui leur était réservé.

La CGT ou la loi de la jungle
Le bilan est lourd. Près d'un million d'exemplaires de Metro ont été volés et dispersés par les membres du Syndicat du Livre dans les rues de Paris et Marseille. Quelques centaines de milliers d'exemplaires ont également été déposés devant le consulat de Suède à Marseille le 26 février et devant l'Ambassade de Suède à Paris la semaine d'après. Sont ensuite intervenus les vols à l'intérieur des imprimeries, comme dans celle de Vitrolles où le Livre s'est emparé de tous les exemplaires de l'édition marseillaise du 11 mars. Non satisfaits de produire des dégâts matériels, des membres du syndicat ont violemment agressé une bonne dizaine de colporteurs distribuant Metro, le magazine télévisé Capital en ayant diffusé la preuve en images le 24 mars. Une plainte a d'ailleurs été déposée à cet égard le 15 mars et la parquet de Paris examine les éventuelles "entraves concertées à la liberté d'expression avec voies de faits, dégradation et vols". La réponse à cette plainte a été une garde à vue avec perquisition de 3 employés de Metro le 4 avril, orchestrée par la CGT. Cette garde à vue a, de surcroît, été longuement référée dans le Monde des 4 et 5 avril par le journaliste Antoine Jacob avec une insistance toute particulière et des paroles à caractère xénophobe concernant la nationalité étrangère de certaines personnes employées par Metro. S'ajoute à cette liste un incendie criminel avec enquête fictive du Centre Suédois de Commerce Extérieur (CSCE) le 7 mars. Pour ne donner que quelques exemples.

Autant d'actes restés dans l'ombre et l'impunité. Pas un mot de cet incendie criminel du Centre Suédois de Commerce Extérieur (CSCE), intervenu juste au moment où les discussions semblaient bloquées à cause du refus des NMPP de participer aux négociations le 7 mars. Ce centre installé à Paris depuis 1972 et dont le but principal est de "promouvoir l'exportation suédoise vers l'étranger", a ainsi été victime d'un incendie "dont les experts de police ont vite fait de constater la nature criminelle". Et pourtant, l'enquête s'est arrêtée au bout de quelques jours. Pourquoi ? "C'est clair, on ne saura plus rien sur cette affaire. Après le constat évident d'incendie criminel, l'enquête n'avancera plus", nous dit le Conseiller Commercial du CSCE en soupirant.

Néanmoins, constater cette exception française et dénoncer la violence qui se décline sous toutes les formes possibles, ne suffit pas. Le problème n'est pas la France. Les lecteurs français s'arrachent le journal, dont 82% apprécient, selon les sondages publiés par la Sofres, les articles courts et neutres. Les professionnels comme Christine Ockrent, membre du Comité des conseillers du journal, ou encore Didier Pourquery de l'Expansion, devenu rédacteur en chef du gratuit, entrent dans la rédaction de Metro. Non, l'exception française ne se trouve pas là.

L'exception française c'est le pouvoir démesuré des syndicats, en l'occurrence de la CGT et de ses filiales, la violence et l'impunité de ces derniers qui interprètent les lois -comme la loi Bichet, affirmant la liberté de la diffusion de la presse imprimée- de leur propre manière. Autant d'éléments qui stigmatisent le marché français et l'enferment dans une logique de censure. Quand le Syndicat du Livre demande à Metro de passer par des imprimeries de presse où le Livre est majoritaire et d'emprunter le "système classique" de distribution NMPP, où le Livre est également majoritaire, quand les NMPP ensuite refusent d'accepter l'existence de Metro, et quand les agressions et les destructions semblent être monnaie courante pour celui qui ose faire face au système, la liberté de parole et les lois qui l'affirment ne pèsent pas lourd. Certes, Metro a payé le prix fort pour sa naïve volonté d'approcher le marché français. Mais plus qu'une victime isolée d'une suite de circonstances séparées, Metro est l'exemple saignant d'un mélange d'opacité, de violence et de censure. C'est la loi de la jungle, dictée par la CGT. Gare à celui qui ose s'y opposer.

Anna Stellinger
du Société Civile N°15
mai 2002


Franchise de responsabilités pour le fisc

Monsieur et Madame C. sont un couple au revenu modeste. En 1996, avec leur fils, ils décident de s'installer en Savoie et d'y acheter une petite maison. A cet effet, ils empruntent la somme auprès de leur banquier. Monsieur C. acquiert une maison d'habitation moyennant le prix de 1.600.000 francs, à raison de 120.000 francs pour les biens mobiliers et 1.480.000 pour les biens immobiliers.

Le centre des impôts d'Aix-les-Bains notifie à Monsieur C. un redressement fiscal de 6.739 francs, intérêts inclus au motif que les biens immobiliers auraient été surévalués, entraînant une minoration de la taxe d'enregistrement. Jusque là, une banale contestation sur les droits de mutation. Monsieur C. conteste le redressement, mais par courrier du 4 juin 1998, les services fiscaux le confirme. L'imposition est mise en recouvrement le 31 août 1998.

Par acte en date du 9 février 1999, Monsieur C. assigne l'Administration Générale des impôts - Fiscalité immobilière.

Monsieur C. demande à ce que la nullité de la procédure soit prononcée, faute d'avoir pu saisir la Commission Départementale de Conciliation et au fond, il demande l'annulation du redressement  fiscal et le remboursement de la somme de 6.739 francs avec intérêts à compter de novembre 1998.

Il sollicite, en outre, que l'administration fiscale soit condamnée à lui payer 11.533,87 francs au titre de la réparation du préjudice matériel et 20.000 francs au titre du préjudice moral.

Le tribunal de Grande Instance de Chambery a rendu un jugement le 18 décembre 2001 à l'avantage de Monsieur C. en annulant son redressement. Toutefois l'administration fiscale échappe au paiement de dommages et intérêts en application de l'article L207 du LPF.

L'annulation du redressement :
La direction des Services fiscaux après examen de la contestation de Monsieur C. a confirmé le redressement dans un courrier sur lequel elle avait barré les mentions faisant référence à la possibilité qui était offerte au contribuable de saisir la Commission Départementale de Conciliation.

Le tribunal de grande Instance de Chambéry considère que Monsieur C. aurait dû avoir la possibilité de saisir ladite commission, qu'en étant privé d'une telle faculté par l'administration fiscale, la procédure engagée par celle-ci est irrégulière et doit être annulée.

Les procédures irrégulières réalisées par l'administration fiscale sont en fait monnaie courante puisqu'elles sont couvertes par une franchise de responsabilité. Un contribuable peut obtenir l'annulation du redressement mais il obtient rarement un dédommagement pour la gêne occasionnée. Il faut faire valoir un préjudice grave et entamer une nouvelle procédure contentieuse devant le juge administratif pour être indemnisé.

Privilège de l'impunité :
L'article L207 du Livre des Procédures Fiscales constitue un verrou légal qui empêche les juges de reconnaître une indemnisation en cas d'abus des poursuites de l'administration ou de redressements injustifiés.

LIVRE DES PROCEDURES FISCALES : Article L207
Lorsqu'une réclamation contentieuse est admise en totalité ou en partie, le contribuable ne peut prétendre à des dommages-intérêts ou à des indemnités quelconques, à l'exception des intérêts moratoires prévus par l'article L. 208.

Monsieur C. est amer, car pour contester un impôt de 6.739 francs, il a fallu qu'il débourse 11.438 francs en frais d'avocats pour se défendre.
Le livre des procédures fiscales protège si bien la Direction Générale des Impôts, que le contribuable, même victime des exactions du fisc, est toujours perdant.

C'est pour corriger cette incohérence du droit aux conséquences dramatiques pour le contribuable, que l'iFRAP prône une modification de cet article  L207 du Livre des Procédures Fiscales, symbole d'un système fiscal plus que médiéval, comparé à ceux de nos voisins de l'Europe.
 

REFORME DU LIVRE DES PROCEDURES FISCALES - Article L207 ( Nouvelle rédaction proposée )
Lorsqu'une réclamation contentieuse est admise en totalité ou en partie,  et qu'un préjudice matériel ou moral sérieux a été reconnu lors de l'instance, le contribuable peut prétendre à des dommages-intérêts ainsi qu'à des intérêts moratoires prévus par l'article L. 208.
Ramzy Elkilani
du Société Civile N°15
mai 2002
 


Avis aux ennemis de la mondialisation

Pour faire une bonne bouteille de vin français bien de chez nous (du Bandol par exemple), il faut :

Je rassure nos amis souverainistes, il reste quelques éléments de notre beau pays dans la bouteille:

Walter Gilpin
Vigneron à Bandol
du Société Civile N°15
mai 2002